Le sud de la Géorgie est une terra incognita pour la majorité des voyageurs — et pourtant. Cette région de steppes, de gorges volcaniques et de hauts plateaux recèle deux des sites les plus spectaculaires du pays : la cité rupestre de Vardzia et la station thermale de Borjomi. Sans oublier les lacs volcaniques du plateau de Javakhétie et les monastères taillés dans la roche du désert de Garéja.

Vardzia : la cité troglodyte de la reine Tamar

Vardzia est l’une des merveilles méconnues du Moyen Âge. Creusé dans les flancs d’une falaise volcanique sur les rives de la Koura, ce complexe monastique rupestre du XIIe siècle compte plus de 600 pièces réparties sur 13 étages : cellules de moines, églises ornées de fresques, granges, caves à vin, salles de réunion. La reine Tamar — figure tutélaire de l’âge d’or géorgien — y séjourna et y fit peindre son portrait sur les murs de la chapelle principale. Un tremblement de terre au XIIIe siècle dévasta une partie du site, laissant visible la « coupe » transversale de ce monde souterrain fascinant.

Borjomi : l’eau minérale qui fit la réputation de la Géorgie

Borjomi est connue dans tout l’espace post-soviétique pour son eau minérale gazeuse, aux propriétés thérapeutiques légendaires depuis leur découverte par les Russes au XIXe siècle. La ville-jardin, nichée dans la vallée boisée du Mtkvari, était la station thermale favorite de la famille impériale russe et de la noblesse géorgienne. Le parc central permet de goûter l’eau directement à la source (gratuit), chaude et très minéralisée. Le parc national de Borjomi-Kharagauli, à l’est, est l’un des plus grands d’Europe et propose d’excellents sentiers de randonnée.

Le plateau de Javakhétie et ses lacs volcaniques

Encore plus au sud, le plateau de Javakhétie s’étend à plus de 2 000 mètres d’altitude, à la frontière arménienne et turque. Ce « Tibet géorgien » est parsemé de lacs volcaniques aux eaux bleues — notamment les lacs Paravani (le plus grand lac de Géorgie) et Tabatskuri — et habité par des communautés arméniennes et azéries aux traditions millénaires. Le manque d’infrastructures touristiques est compensé par un dépaysement total et des rencontres authentiques.

Davit Garéja : le désert géorgien et ses fresques

À la frontière azerbaïdjanaise, le complexe monastique de Davit Garéja est creusé dans les falaises d’un paysage semi-désertique qui évoque la Cappadoce. Fondé au VIe siècle par l’un des treize Pères assyriens qui évangélisèrent la Géorgie, il abrite des centaines de cellules rupestres et des fresques médiévales parmi les plus belles du pays. La route qui y mène depuis Tbilissi (3h) traverse les steppes de Garéja dans un silence et une aridité qui contrastent saisissamment avec la luxuriance du reste du pays.