En 1921, l’Armée rouge envahit la République démocratique de Géorgie. En quelques semaines, le jeune État — indépendant depuis seulement trois ans — est annexé par l’Union soviétique. Des milliers de Géorgiens prennent le chemin de l’exil : aristocrates, intellectuels, artistes, officiers, politiques. Beaucoup choisissent la France. C’est le début d’une histoire d’amour entre deux nations qui dure encore aujourd’hui.
Leuville-sur-Orge : le « Versailles géorgien » en Île-de-France
Le château de Leuville-sur-Orge, dans l’Essonne, devient dès 1922 le quartier général du gouvernement géorgien en exil. Le président Noé Jordania, le général Kvinitadze, le poète Galaktion Tabidze — les figures de la République géorgienne s’y retrouvent pour maintenir vivante l’espoir du retour. Le cimetière du village abrite leurs tombes, devenu lieu de pèlerinage pour les Géorgiens de France. Aujourd’hui encore, le jumelage entre Leuville-sur-Orge et Mtskhéta (la ville sainte géorgienne) perpétue cette mémoire.
40 000 Géorgiens en France aujourd’hui
La diaspora géorgienne en France est aujourd’hui estimée à environ 40 000 personnes, réparties principalement en Île-de-France. Cette communauté issue de trois vagues migratoires distinctes — les exilés de 1921, les réfugiés des années 1990 (guerre civile et conflits en Abkhazie et Ossétie du Sud), et les migrants économiques des années 2000 — maintient des liens forts avec la Géorgie tout en s’intégrant profondément dans la société française.
Des personnalités géorgiennes qui ont marqué la France
La diaspora géorgienne de 1921 a donné à la France des personnalités remarquables. Éter Pagava fut l’une des étoiles du Ballet de l’Opéra de Paris dans les années 1950. Felix Varla (Felix Varlamishvili) s’imposa comme l’un des portraitistes les plus recherchés de Paris. Le réalisateur Otar Iosseliani — « prince géorgien de la Nouvelle Vague » — tourna la quasi-totalité de son œuvre en France avec des acteurs français. Et la danseuse Niniko Chikovanili initia des générations de Parisiens à la danse géorgienne traditionnelle.
L’Église orthodoxe géorgienne à Paris
La communauté géorgienne de Paris se retrouve autour de sa cathédrale, l’église géorgienne orthodoxe du Saint-Prince Nino de Cappadoce, dans le 15e arrondissement. Lieu de culte mais aussi de mémoire et de lien communautaire, elle accueille les baptêmes, mariages et fêtes de la communauté géorgienne parisienne depuis des décennies. Pour les voyageurs français partant en Géorgie, une visite à cette église peut être une belle façon de se mettre dans l’atmosphère du voyage.
La Géorgie, destination d’élection pour les Français
Aujourd’hui, les Français constituent l’une des nationalités les plus représentées parmi les touristes occidentaux en Géorgie. L’amour réciproque est réel : les Géorgiens voient souvent dans les Français des alliés naturels, liés par une culture méditerranéenne de la table, un goût commun pour le vin et un certain sens de la joie de vivre. Nombreux sont les Français qui, partis pour 10 jours en Géorgie, repartent avec l’intention de revenir — et beaucoup le font.
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